Les 5 visages d’un bon manager

Pas simple de répondre à cette question : « c’est quoi un bon manager  ». Il n’existe pas de réponse toute faite, sinon tous les entraîneurs de foot seraient en poste pendant des années.

Pour ma part, le management permet de gérer et d’organiser dans le long terme la vie de l’entreprise côté technique et humain. Le mot « long terme » est super important, car souvent les managers visent le court terme pour montrer à leurs supérieurs ou actionnaires des résultats immédiats et qui seront forcément approximatifs sur le long terme.

La partie technique peut s’acquérir, on parle souvent de manager technique, mais la partie humaine est plus compliquée à mettre en place, relevant de l’instinct, du savoir-faire…

Je l’ai donc regroupé en 5 « visages » (règles, étapes, conseils, je vous laisse choisir le mot qui vous convient le mieux). Ce qui me permet, lorsque que j’arrive sur une nouvelle mission, de mettre en place un management efficace. Et sans m’envoyer trop de fleurs (si si vous pouvez jeter les roses sur la scène !), même sans arriver à 100% de satisfaction, j’arrive à fédérer et surtout à laisser un bon souvenir après mon départ… (applause)

  • Observer la vie de l’entreprise (ressentir et analyser)
  • Adapter son management (le capital humain, la comm, l’idée et l’action)
  • Rendre ses collaborateurs autonomes (contrôler et évaluer)
  • Manager la créativité (la force de la question, la proposition)
  • Faire respecter le cadre (les entretiens, les conflits, le stress)

1 – Observer la vie de l’entreprise :

Un manager débordé par toutes les infos qu'il reçoit

Il faut ouvrir les « esgourdes » et se mettre en écoute active, n’avoir aucun préjugé sur nos interlocuteurs, gérer les questions ouvertes et laisser parler… le temps de l’analyse viendra ensuite.

Le corps joue une place prédominante dans le comportement de l’écoute active, on doit donc garder :

  • Le corps ouvert (pas de bras croisés, se tenir droit) – je sais cela peut paraître enfantin comme remarque, mais rien de tel que de voir son manager affalé dans son fauteuil pour ne pas donner envie.
  • Avoir un visage expressif avec des acquiescements, des sourires, en gardant le contact visuel, on a tous rencontré le manager qui regarde ses pompes ou tapote sur son téléphone alors que tu lui parles.
  • Prendre des notes et pas sur ton ordinateur : taper sur un clavier rend l’entretien sans âme, il faut un calepin, pas de feuille blanche car cela rend l’image de quelqu’un qui s’en fout puisque la feuille blanche solo peut finir à la poubelle.

Dans toutes mes expériences de management, j’ai vraiment appris sur moi en étant dans l’écoute active de l’autre, c’est paradoxal, mais c’est ainsi :

« Il n’y a pas de meilleure façon d’apprendre que d’écouter »,

Je ne sais plus de qui est cette citation ?

Et enfin le plus important dans cette phase d’observation c’est d’attendre « la dernière goutte » si chère à Krauthammer.

Elle permet de comprendre et sera forte intéressante lors de l’analyse.

L’analyse de tous vos entretiens vous permettra de passer à l’étape suivante (en réalité ce n’est pas aussi simple, mais je ne vais pas non plus tout vous dévoiler…). Pour en savoir plus je suis dispo pour des formations ou missions (oui un peu de pub cela ne fait pas de mal) www.pmil.fr

2 – Adapter son management c’est être un bon manager :

Un professeur pas très sympathique

Je ne vais pas vous faire le « prof » et vous parler des différents types de management, cela fera peut être l’objet d’un autre débat

Pour aller vite, on va retrouver plusieurs sortes de management :

  • Celui dirigé vers les résultats plutôt directifs
  • Celui dirigé en réseau, très participatif et sans hiérarchie
  • Celui dirigé à la « papa » où la persuasion est la base du discours
  • Celui dirigé vers l’autonomie avec beaucoup de délégation.
  • Celui dirigé seulement sur la technique avec peu de remise en cause

Selon les analyses que vous aurez exploitées et votre capacité à vous adapter, vous pourrez piocher dans toutes ces techniques ou en choisir une seule pour mener à bien votre mission.

Je vais plutôt dans ce chapitre vous parler des points essentiels, que l’on doit à minima appliquer, peu importe le type de management choisi.

Le capital humain :

Une équipe démotivée c'est l'échec assuré
  • On doit comprendre et partager la même vision
  • On doit avoir des objectifs concrets.
  • On doit avoir le même état d’esprit et être motivé

Cela me fait toujours penser à la coupe du monde 98 : Aimé Jacquet qui ne sélectionne pas le meilleur joueur de sa génération et meilleur joueur d’Angleterre, Eric Cantona, car il n’avait pas l’esprit de groupe. On peut aussi faire le rapprochement avec notre Dédé national qui ne sélectionne pas Karim Benzema pour le même motif.

  • On doit avoir les compétences d’agir et de faire

Il ne faut pas donner une mission à un collaborateur dont on sait qu’il n’est pas capable d’arriver au succès.

  • On doit être exemplaire pour « exiger » et obtenir le « plus »

Si tu arrives en retard tous les matins, n’exige pas de tes collaborateurs la ponctualité, idem pour les réunions.

La communication :

  • On doit communiquer un message par action et surtout préparer son intervention
  • On doit garder la posture (maintien, sourire, geste, regard…)
  • On doit appliquer nos « dires »
Un manager démotivé ne montre pas le bon exemple à ses collaborateurs
Il faut montrer l’exemple !

J’ai trop vu des managers promettre et oublier dans le temps (certainement cela m’est déjà arrivé). Il faut éviter, cela peut remettre en cause tout votre management

  • On doit saluer tout le monde, une bonne poignée de main et on ressent déjà l’attitude de vos « gars et filles ».

Je sais, je sais cela reste très « paternaliste », mais il y a certaines bases que l’on ne change pas. Lors de ma dernière mission, nous étions environ 60 personnes. Tous les matins, je saluais tout le monde un par un et une par une. « c’est pozible ! »

  • On doit communiquer régulièrement avec tout le monde sur l’avancée des projets

Je ne reviens pas sur le fait de communiquer avec les équipes projets par un point régulier toutes les semaines.

Mettre en action :

Combien de fois vous avez entendu, « y a plus qu’à », « il faut le faire », c’est le mal récurrent du manager de ne pas mettre en action. C’est pourquoi, il faut respecter les règles de gestion de projet avec une « map » claire, avec des « jalons » réguliers peu espacés. C’est mieux pour motiver, faire ressentir à l’équipe que le projet avance.

Comme toutes mises en action, il va falloir :

  • Choisir, et comme dirait l’autre, choisir c’est renoncer
  • Créer des alliés du changement (avec la mise en place d’une dream team, ou ambassadeur)
  • Bien définir les étapes
  • Être enthousiaste

Rien de tel qu’un manager qui fait la gueule ou qui se la joue « zen, cool » pour démotiver. On est ici pour manager, il faut donner du rythme et de l’envie :

  • Inciter au mouvement (des faits concrets, des chiffres, des images)

3 – Etre un bon manager et rendre ses collaborateurs autonomes :

Un manager crie et impose sa vision.

Avant toute chose, il faut avoir confiance et faire confiance : les chemins qui seront pris par votre équipe ne seront jamais les vôtres. Au début, c’est frustrant, car vous avez l’impression de perdre la main et de ne servir à rien, le but est de créer une attitude commune. Pas simple !

Alors voici quelques clés pour vous en sortir….

  • Définir les objectifs ensemble puis leur laisser tracer le chemin.
  • Mettre en place le « Que proposez-vous ? », cela consiste à avoir une attitude positive de délégation afin de laisser l’opportunité à votre collaborateur de trouver les chemins vers l’objectif. Il vient avec le problème et la solution, vous n’êtes là que pour échanger sur les solutions.
  • Contrôler régulièrement que la « map » est bien suivie et que les jalons sont respectés. Avec, par exemple, les outils collaboratifs, rien de plus simple maintenant.
  • Laisser la prise de décision à l’équipe (ouh là là !), alors cette étape est super supra difficile. Il faut un sacré « lâcher de soi ». Pour ne rien vous cacher, j’ai toujours du mal à ne pas réagir et « laisser faire », c’est un combat de tous les jours sniff.
  • Alors le Saint-Graal. Dans la mesure du possible, il faut laisser son équipe faire des erreurs. Il ne faut pas que cela remette en cause le projet ou la mission, mais c’est seulement avec les erreurs que l’on avance et encore plus quand on s’en aperçoit.

Allez, une petite citation que tout le monde connaît mais ça passe :

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends »

Nelson Mandela

4 – Manager la créativité :

Allez, je continue par une autre citation de Winston Churchill le reste sur wiki…

«Tout le monde savait que c’était impossible à faire ; Puis un jour est venu un homme qui ne le savait pas. Et il l’a fait. »

Winston Churchill
Enfant déguisé en manager mécontent

Comme rien n’existe qui ne fut un jour un rêve, il faut mettre tout de même un peu de méthode pour faciliter la créativité de vos équipes.

Je ne sais plus si c’est une citation ou un article que j’ai lu, mais Steve Jobs, disait un truc dans le genre : si vous attendez que le client vous apporte son besoin, le temps que vous le réalisiez il sera déjà dépassé.

C’est pour cela qu’il faut des conditions favorables à la créativité dans les équipes :

  • Chaque idée est bonne, il faut lui laisser faire son chemin, car le groupe va l’amender, l’améliorer
  • Il doit y avoir des « candides » autour de la table pour élargir le débat
  • Pas de réaction négative mais de la bienveillance
  • Il faut que cela soit ludique, on ne s’enferme pas dans une pièce sans lumière avec des bouteilles d’eau chaude et pas de clim, on doit ouvrir son esprit, donc la salle aussi
  • On doit structurer les idées :

L’idée 🡪 Comment peut-on la réaliser ? Comment peut-on faire ?🡪Pourquoi ? Que manque t’il ?

  • Donner un retour des avancées de chaque idée (et c’est possible car on a structuré), finalement c’est simple ! oh ça va on peut rigoooooler !

5– Etre un bon manager c’est aussi faire respecter le cadre :

Bon, comme le nom l’indique « respecter » ce n’est pas le visage le plus simple du management.

Je ne vais pas m’étaler car cela fera l’objet d’un prochain article….

On va avoir :

  • Les entretiens d’évolution, de félicitation mais aussi de réprimande
  • La gestion des conflits (mais si, vous savez, la cour d’école)
  • Le stress

Pour conclure ce papier (ah oui vous savez que le papier vit 7 fois et est moins mangeur de ressources que l’envoi d’un mail, c’est fou non !!)…

Un manager va devoir jongler, tout au long de sa carrière, entre :

  • Les attitudes de ses collaborateurs, de son environnement mais aussi celui de son activité (pour cela, il doit toujours se placer au-dessus de la mêlée),
  • Être toujours hyper exigeant avec lui-même,
  • Être d’humeur constante,
  • Valider toutes ses actions par des indicateurs,
  • Ne pas s’approprier les succès de ses équipes,
  • Fêter les succès,
  • Protéger ses équipes des visions changeantes des actionnaires ou dirigeants,
  • Prendre les échecs à son compte ou partir.
Equipe à fond
Des collaborateurs ZEN !

D’autres astuces de management dans nos prochains articles sur Le Blog de Pmil

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.